Plus de 100 000 jeunes filles maliennes ont quitté leur village pour devenir aides ménagères à la grande ville.

La plupart disent venir chercher de l'argent pour aider leur mère à payer leur trousseau de mariage. D'autres fuient un mariage forcé, d'autres encore veulent tenter leur chance et rêvent à une vie meilleure, mais ce qu'elles trouvent, "c'est l'enfer".

Arrivées à 9 ans pour certaines, elles font des journées de 17 ou 18 heures de travail sans pause, pour un salaire parfois inférieur à 5000 Fcfa (même pas de quoi acheter un pain par jour). Soit 1/6 du salaire minimum, pour un temps de travail en général deux fois plus long que la durée légale.

Elles font tout dans la maison : ménage, courses, cuisine, vaisselle, linge, garde des enfants... Elles sont très souvent méprisées pour leurs habitudes campagnardes, insultées à la moindre erreur, frappées par leurs patronnes ou dans la rue, violées par les maris, les enfants ou par des hommes du quartier. Il n’est pas rare que leurs économies soient volées ou que leurs employeurs refusent de les payer après plusieurs mois voire plusieurs années de travail.

Le plus souvent analphabètes et n'ayant reçu aucune éducation sexuelle, elles les aides ménagères sont particulièrement victimes d’IST et de grossesses non désirées. Lorsqu’elles accouchent, elles sont rejetées par leurs employeurs, et ne peuvent pas rentrer au village sans honte. La plupart des pères refusent de reconnaître la paternité.

Nombreuses sont celles qui abandonnent ou tuent leur enfant, ce qui les conduit parfois en prison à perpétuité. Beaucoup d’autres sont condamnées à la rue et à la prostitution.